Puissance fiscale : comment la calculer et ce qui change en 2026

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Puissance fiscale carte grise : calcul du champ P.6

La puissance fiscale est le nombre de chevaux administratifs inscrit au repère P.6 de votre certificat d'immatriculation. Elle ne mesure pas la performance de votre moteur : c'est une valeur administrative qui sert de base au calcul de la taxe régionale, donc d'une partie du prix de votre carte grise. Depuis 2021, elle ne dépend plus des émissions de CO2, et au 1er mars 2026, la formule applicable aux véhicules électriques est divisée par deux.


Voici comment elle se calcule, véhicule par véhicule, et ce que la réforme change concrètement.

Où trouver la puissance fiscale sur votre carte grise ?

Elle figure au repère P.6, sur le certificat d'immatriculation, sous l'intitulé de puissance administrative nationale. C'est un nombre entier, généralement compris entre 4 et 12 pour une voiture particulière.

Trois valeurs sont régulièrement confondues, et il vaut la peine de les distinguer une bonne fois :

  • Le repère P.2 indique la puissance nette maximale réelle du moteur, exprimée en kilowatts (kW). C'est une donnée technique.
  • Le repère P.6 indique la puissance administrative, aussi appelée chevaux fiscaux, exprimée en chevaux administratifs (CV). C'est une donnée fiscale.
  • Les chevaux DIN, eux, ne figurent pas sur la carte grise. C'est l'unité utilisée dans la communication commerciale des constructeurs, exprimée en chevaux (ch).

Une voiture de 110 kW développe environ 150 chevaux DIN, mais n'affiche que 8 chevaux fiscaux. Les trois chiffres mesurent des choses différentes et ne sont pas interchangeables. Si vous voulez décrypter les autres champs du document, notre guide pour comprendre sa carte grise de A à Z les reprend un par un.

Comment se calcule la puissance fiscale d'une voiture ?

Les règles de calcul sont fixées par le code des impositions sur les biens et services (CIBS), aux articles L. 421-14 à L. 421-22. Le résultat est arrondi à l'unité.

Pour une voiture particulière

Depuis le 1er janvier 2021, la formule applicable aux véhicules de tourisme est la suivante (article L. 421-16 du CIBS) :

PA = 1,80 × (Pm / 100)² + 3,87 × (Pm / 100) + 1,34

où Pm est la puissance nette maximale du moteur en kilowatts, celle qui figure au repère P.2.


En appliquant cette formule à trois motorisations courantes :

  • Un moteur de 74 kW donne 1,80 × 0,74² + 3,87 × 0,74 + 1,34 = 5,19, soit 5 chevaux fiscaux.
  • Un moteur de 110 kW donne 1,80 × 1,10² + 3,87 × 1,10 + 1,34 = 7,78, soit 8 chevaux fiscaux.
  • Un moteur de 150 kW donne 1,80 × 1,50² + 3,87 × 1,50 + 1,34 = 11,20, soit 11 chevaux fiscaux.

Pourquoi le CO2 n'entre plus dans le calcul

Vous trouverez encore, un peu partout, l'affirmation selon laquelle la puissance fiscale se calcule à partir des émissions de CO2 et de la puissance moteur. C'était vrai, cela ne l'est plus.

L'ancienne formule, issue de l'article 62 de la loi n° 98-546 du 2 juillet 1998, intégrait effectivement le taux de CO2. Elle a été remplacée par l'article 69 de la loi de finances pour 2020, dont le calcul ne retient plus que la puissance du moteur. La règle actuelle est aujourd'hui codifiée à l'article L. 421-16 du CIBS.

Concrètement : deux véhicules de puissance moteur identique mais d'émissions différentes ont désormais la même puissance fiscale.

Pour les deux-roues, les utilitaires et les véhicules agricoles

Les autres catégories relèvent de règles distinctes :

  • Motos, scooters et véhicules de catégorie L : la puissance administrative suit un barème par tranche de cylindrée, avec arrondi à l'unité supérieure (article L. 421-17 du CIBS).
  • Véhicules de catégories C et T, qui regroupent notamment les engins agricoles et forestiers : la cylindrée est multipliée par un coefficient compris entre 2 et 6 selon la technologie du moteur (article L. 421-18). Les machines agricoles automotrices relèvent d'un régime dérogatoire à 1 cheval administratif.
  • Autres véhicules thermiques : même méthode, avec un coefficient compris entre 2 et 12 selon le châssis et la carrosserie (article L. 421-19).

Pour un véhicule immatriculé avant 2021

Rien à recalculer. L'article L. 421-15 du CIBS prévoit que les véhicules immatriculés jusqu'au 31 décembre 2020 conservent la puissance administrative déterminée selon les règles applicables à cette date, telle qu'elle est inscrite sur le certificat d'immatriculation.


C'est une information utile à l'achat d'occasion : deux véhicules de puissance moteur comparable peuvent afficher un P.6 différent selon leur année de première immatriculation, simplement parce qu'ils relèvent de deux formules successives.

Voitures électriques : ce qui change au 1er mars 2026

C'est l'évolution la plus importante de l'année, et elle se joue en deux temps.

Premier temps : les électriques ne sont plus systématiquement exonérées. Jusqu'en 2025, les véhicules fonctionnant exclusivement à l'électricité ou à l'hydrogène bénéficiaient d'une exonération automatique de taxe régionale. La loi de finances pour 2025 a rendu cet avantage facultatif : chaque conseil régional décide désormais d'appliquer un tarif nul ou un demi-tarif, à compter du 1er mai 2025. Les régions commencent à s'en saisir. Le simulateur officiel de service-public.gouv.fr indique par exemple qu'au 1er avril 2026, la région Hauts-de-France fait passer sa réduction pour les véhicules électriques et hydrogène de 100 % à 50 %, tout en portant sa taxe régionale de 42 à 43 € par cheval fiscal. Nous avions détaillé ce basculement dans notre article sur la fin de la gratuité de la carte grise pour les voitures électriques.


Second temps : leur puissance administrative est divisée par deux. L'article L. 421-20 du CIBS prévoit deux formules pour les véhicules électriques, selon la date de réception du véhicule.


Pour un véhicule réceptionné avant le 28 février 2026, la formule est PA = 1 + 0,136 × Pm. Un moteur de 100 kW donne alors 14,6, soit 15 chevaux fiscaux, et un moteur de 150 kW donne 21,4, soit 21 chevaux fiscaux.


Pour un véhicule réceptionné à compter du 1er mars 2026, la formule devient PA = 1 + 0,067 × Pm. Le même moteur de 100 kW ne donne plus que 7,7, soit 8 chevaux fiscaux, et le même moteur de 150 kW tombe à 11,05, soit 11 chevaux fiscaux.


La logique est lisible : les électriques commencent à payer la taxe régionale dans un nombre croissant de régions, et leur assiette de calcul est réduite en contrepartie. Sans cet ajustement, un véhicule électrique de 150 kW se serait retrouvé taxé sur 21 chevaux fiscaux, contre 11 pour une thermique de puissance équivalente.


Attention : la date qui compte ici est celle de la réception du véhicule, pas celle de son immatriculation.

Quel impact sur le prix de votre carte grise ?

La taxe régionale se calcule en multipliant le tarif régional du cheval fiscal par la puissance administrative du véhicule. Ce tarif est fixé par délibération de chaque conseil régional, dans la limite de 60 € par cheval fiscal.


Deux règles s'y ajoutent :

  • le tarif est réduit de moitié pour les véhicules dont la première immatriculation remonte à dix ans ou plus ;
  • les réductions liées à l'énergie dépendent désormais de la délibération de votre région, comme expliqué plus haut.


Le tarif applicable change donc d'une région à l'autre, et il évolue en cours d'année. Pour connaître le montant en vigueur chez vous, consultez notre page dédiée au prix du cheval fiscal par région en 2026, que nous mettons à jour à chaque délibération régionale. Vous pouvez aussi retrouver le tarif de la carte grise par département si vous préférez raisonner à cette échelle.

Puissance fiscale et assurance : quel rapport ?

Le P.6 fait partie des critères que les assureurs utilisent pour établir une cotisation, aux côtés du profil du conducteur, de l'usage du véhicule et de son historique. À puissance fiscale élevée correspond généralement une prime plus élevée, mais chaque assureur applique ses propres grilles : la puissance fiscale n'est jamais le seul facteur, et deux contrats peuvent donner des résultats très différents pour un même véhicule.

Les erreurs les plus fréquentes

Confondre P.2 et P.6. Le premier est une puissance réelle en kilowatts, le second une valeur administrative. Un contrôle rapide : si le nombre est à deux ou trois chiffres, vous lisez le P.2.


Croire que la puissance fiscale se recalcule après une modification. Une reprogrammation moteur ou une transformation ne met pas à jour automatiquement le P.6 : toute évolution des caractéristiques techniques passe par une démarche spécifique liée aux véhicules modifiés.


Penser qu'un P.6 jugé erroné se corrige tout seul. Les articles L. 421-21 et L. 421-22 du CIBS posent que la valeur portée au certificat d'immatriculation est réputée conforme. Si vous estimez qu'elle est inexacte, il faut engager une demande de correction du certificat, pièces justificatives à l'appui.


Oublier le cas des véhicules importés. La puissance fiscale d'un véhicule acheté à l'étranger est déterminée lors de son immatriculation en France, à partir de ses caractéristiques techniques homologuées. Elle peut différer de la valeur figurant sur le document d'origine.


Questions fréquentes

Où trouver la puissance fiscale sur la carte grise ?

Elle figure au repère P.6 du certificat d'immatriculation. C'est un nombre entier, exprimé en chevaux administratifs, à ne pas confondre avec le repère P.2 qui indique la puissance réelle du moteur en kilowatts.

Quelle est la différence entre P.2 et P.6 ?

Le P.2 est la puissance nette maximale du moteur, exprimée en kilowatts : c'est une donnée technique. Le P.6 est la puissance administrative, exprimée en chevaux fiscaux : c'est une donnée fiscale, calculée à partir du P.2, qui sert à établir le montant de la taxe régionale.

Comment calculer soi-même ses chevaux fiscaux ?

Pour une voiture particulière, appliquez la formule de l'article L. 421-16 du code des impositions sur les biens et services : 1,80 × (Pm/100)² + 3,87 × (Pm/100) + 1,34, où Pm est la puissance en kilowatts indiquée au repère P.2. Le résultat est arrondi à l'unité.

La puissance fiscale des voitures électriques baisse-t-elle en 2026 ?

Oui. Pour les véhicules électriques réceptionnés à compter du 1er mars 2026, la formule passe de 1 + 0,136 × Pm à 1 + 0,067 × Pm, ce qui divise la puissance administrative par environ deux. Cette évolution accompagne la fin de l'exonération automatique de taxe régionale.

Peut-on faire modifier une puissance fiscale erronée ?

La valeur inscrite au certificat d'immatriculation est réputée conforme. Si elle vous paraît inexacte, vous devez engager une demande de correction du certificat en fournissant les justificatifs techniques du véhicule.

Pourquoi deux véhicules identiques n'ont-ils pas la même puissance fiscale ?

Parce que la formule de calcul a changé au 1er janvier 2021. Les véhicules immatriculés avant cette date conservent la puissance administrative calculée selon les règles antérieures, qui intégraient les émissions de CO2.


Vous venez d'acheter ce véhicule ? La carte grise doit être établie à votre nom dans les 30 jours suivant l'achat : faire mon changement de titulaire en ligne.

Sources