Hameçonnage, accès SIV usurpés, taxes réclamées : dans sa 4e tribune pour le Journal du Net, Soraya Anrar explique pourquoi les professionnels habilités deviennent une cible. Nous en tirons deux réflexes pour bien acheter d’occasion.
La directrice des activités de Guichet Carte Grise s'intéresse à un risque encore peu connu : l'usurpation des accès au système d'immatriculation des véhicules (SIV) par hameçonnage. Elle montre pourquoi une entreprise qui agit pour le compte de l'État devient une cible, et ce que cette situation change pour les dirigeants.
Cette tribune fait suite à ses chroniques sur la dématérialisation des services publics, sur les marchés portés par une obligation et sur les calendriers réglementaires. Nous en reprenons ici l'essentiel, avec ce qu'il faut en retenir si vous achetez un véhicule d'occasion.
Pourquoi les accès des professionnels habilités sont-ils visés ?
Depuis la fermeture des guichets de préfecture, une large part des démarches d'immatriculation passe par des professionnels habilités par le ministère de l'Intérieur. Chacun dispose d'un accès direct au SIV, le fichier national d'immatriculation. Il peut y enregistrer des opérations qui produisent des certificats d'immatriculation valides.
C'est cette capacité que recherchent les fraudeurs, bien plus que les données du professionnel. Le mode opératoire est presque toujours le même : un message qui imite l'administration, un lien, une page de connexion copiée, et des identifiants saisis de bonne foi. En quelques heures, des centaines d'opérations peuvent ensuite être passées au nom d'un professionnel qui n'en sait rien.
Qui supporte le coût de la fraude ?
C'est ce qui fait du sujet un enjeu de direction générale. Les taxes liées aux opérations frauduleuses sont d'abord réclamées au professionnel dont les identifiants ont été utilisés, même si des reports de recouvrement ont pu être accordés au cas par cas. La suspension de l'habilitation peut s'y ajouter, le temps d'éclaircir les faits.
L'État a engagé la sécurisation du système, mais une transition de cette ampleur prend du temps. La tribune propose donc trois réflexes aux dirigeants : recenser leurs accès délégués comme des actifs, réduire les risques de leur côté sans attendre l'outil public, et préparer à l'avance la réponse à un incident. Le raisonnement vaut au-delà de l'automobile, pour toute entreprise qui agit au nom d'un tiers sur un portail public.
Et pour les automobilistes, qu'est-ce que ça change ?
Si vous faites immatriculer votre véhicule, ces fraudes ne concernent pas votre démarche en elle-même. Elles rappellent en revanche qu'un achat d'occasion se prépare : parmi leurs usages, les accès usurpés servent à immatriculer des véhicules sans que leurs véritables détenteurs apparaissent. Deux vérifications simples permettent d'acheter en connaissance de cause.
Demander le rapport HistoVec au vendeur
HistoVec est le service public officiel et gratuit qui permet au propriétaire d'un véhicule d'en partager l'historique. Le vendeur génère le rapport à partir du numéro d'immatriculation et des informations de sa carte grise, puis le transmet à l'acheteur.
Selon Service-Public.fr, le rapport indique notamment la date de première mise en circulation, les changements successifs de propriétaire, la situation administrative du véhicule (gage, opposition, vol), les sinistres, les résultats des contrôles techniques et l'historique du kilométrage. Si le vendeur refuse de le fournir, ou si l'historique ne correspond pas à ce qu'il vous a dit, prenez le temps de poser vos questions avant de signer.
Vérifier qu'un professionnel est bien habilité
Si vous confiez votre démarche d'immatriculation à un professionnel, garage ou service en ligne, assurez-vous qu'il est bien habilité. Nous expliquons comment le vérifier dans notre article Carte grise : comment vérifier qu'un prestataire est réellement habilité.
Lire la tribune complète
La chronique de Soraya Anrar est à lire en intégralité sur le Journal du Net : Quand l'État vous confie une clé, vous devenez la cible.
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